Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
6 décembre 2009 7 06 /12 /décembre /2009 15:46

Jacques Allix, adjoint aux travaux  de la commune de Clohars Carnoët, est notamment en charge du délicat dossier "station d'épuration" qui alimente depuis plusieurs mois les conversations du "tout Clohars".

Mais un autre Allix prénommé Grégoire fait lui aussi la une de la presse ce week-end. Il ne s'agit pas de la première page du cahier Quimperlé du Telegramme mais tout simplement la Une du quotidien français le plus côté et respecté à l'international, le journal Le Monde!

Grégoire Allix
qui pourrait bien être le fils de son père, est spécialiste des questions environnementales. Il est envoyé spécial du journal au sommet de Copenhague sur le climat.

Nous publions ici son article disponible en ligne sur
Le Monde.fr paru le 5/12/2009 : "Tout Copenhague vit dejà au rythme du sommet" :

S
top climate change here" ("Arrêtez le changement climatique ici") : banderole géante au vent, le Beluga, le deux-mâts de Greenpeace, a jeté l'ancre à quelques encablures de l'aéroport de Copenhague, jeudi 3 décembre, avec son message de bienvenue aux délégations du monde entier attendues pour la 15e conférence des Nations unies sur le climat, du 7 au 18 décembre. Autour de l'aéroport, en guise de piqûres de rappel : des portraits vieillis de quelques années de Barack Obama, de Nicolas Sarkozy et de huit autres dirigeants s'excusant de ne pas avoir sauvé le climat quand ils en avaient l'occasion, en ce fameux mois de décembre 2009.

Le décor est posé. De la place de l'hôtel de ville à celle de Kongens Nytorv, tout Copenhague, provisoirement rebaptisée "Hopenaguen" ("le port de l'espoir") pour symboliser l'attente suscitée par la conférence, s'est grimée en grand cirque du changement climatique, dans un mélange confus d'animations ludiques, d'appels politiques, d'affichages culturels et de publicités opportunistes.


"Multipliez le nombre de participants par la durée, ajoutez en conclusion un sommet de chefs d'Etat : vous obtenez une conférence catégorie monstre" explique
Svend Olling. A la tête d'une équipe de vingt personnes, ce fonctionnaire du ministère des affaires étrangères a eu la lourde tâche d'accoucher de ce "monstre" qui met la petite capitale danoise et ses 500 000 habitants à rude épreuve.

Côté cour, le lointain Bella Center, un immense palais des congrès, a des allures de camp retranché.

 

Il s'apprête à accueillir plus de quinze mille participants accrédités pour le COP15 (15e Conférence des parties), un record : négociateurs de 190 pays, personnel des agences des Nations unies, délégations des organisations non gouvernementales (ONG), sans oublier 3 000 journalistes. Soit 2 000 réunions programmées, 100 000 repas prévus, 11 000 m2 de pavillons temporaires construits à la hâte, 8 millions de feuilles de papier imprimées... Une conférence que le Danemark aura malgré tout tenté de rendre la plus "verte" possible, coupant dans le superflu et compensant l'empreinte carbone estimée (40 000 tonnes de CO2) par des investissements au Bangladesh.


Côté jardin, en plein centre-ville, la conférence "off", le Klimaforum, rendez-vous citoyen orchestré par trente organisations - écologistes, altermondialistes, syndicales... - mais financé pour 1,1 million d'euros par le gouvernement. On y attend huit cents témoins du changement climatique venus de pays en développement et dix mille visiteurs par jour.


Entre les deux, une myriade de débats et d'expositions aux quatre coins de la ville, des milliers de militants associatifs lâchés dans les rues, des groupes radicaux déterminés à perturber la conférence, deux manifestations géantes prévues le samedi 12 décembre... et des rumeurs insistantes d'infiltration par des groupes anarchistes qui pourraient mettre la ville à feu et à sang.


Pour l'heure, les rues respirent le calme trompeur qui précède les tempêtes. Mais, en coulisses, c'est l'effervescence. Gouvernement, police, municipalité et organisations de défense de l'environnement sont sur le pied de guerre, à trois jours de l'événement.


Chacun a conscience que la bataille de Copenhague sera d'abord une affaire d'images. "La négociation n'est pas très visuelle, c'est pourquoi nous essayons, par nos actions, de fournir aux médias des images fortes", explique Adélaïde Colin, de Greenpeace France. Le Fonds mondial pour la nature (WWF) envoie à Copenhague, à côté de ses 70 experts chargés d'influencer les négociateurs, 300 personnes pour mettre en scène, chaque jour, le récit de la conférence sur Internet et dans les médias du monde entier.


Besoin d'un témoignage ? Au Klimaforum, les organisateurs se font fort de produire, à la demande, un
Indien d'Amazonie ou une paysanne du Bangladesh. Même la police a mis sur pied un centre de presse spécial, chargé notamment de "produire des récits journalistiques sur les actions de police".

Ne sachant s'ils doivent plus redouter un attentat terroriste ou les bandes de casseurs, les forces de l'ordre ont afflué de tout le royaume. La police danoise a emprunté des hélicoptères, des véhicules et des chiens policiers à la Suède, la Norvège, l'Allemagne et aux Pays-Bas... Pour parachever le dispositif, les citoyens ont été invités à dénoncer toute personne louche ou véhicule suspect et la police a désigné un millier d'"indicateurs" patentés pour coordonner la surveillance de proximité.


Le Danemark a durci sa législation pour autoriser les arrestations préventives, doubler la durée des gardes à vue et alourdir les sanctions encourues en cas de désobéissance aux forces de l'ordre, provoquant la colère d'une partie de la population, attachée à un droit très souple de manifester.

"Le vrai danger, ce ne sont pas les casseurs, c'est l'élévation des températures, c'est la désinvolture des Etats du Nord vis-à-vis du Sud"
, relativise
Serge Orru, directeur général de WWF en France. Les ONG se sont mobilisées en masse pour rappeler leurs exigences aux pays industrialisés : des émissions de CO2 réduites de 40 % en 2020 et 100 milliards d'euros par an d'aide aux pays en développement. Bien au-delà des engagements mis sur la table jusqu'à présent.

"Jusqu'à la dernière minute, on ne sait pas ce qui peut sortir d'une négociation, c'est pourquoi nous devons maintenir la pression jusqu'au bout, estime Adélaïde Colin. Hélas, nous craignons que le verrouillage sécuritaire de la ville se retourne contre l'action non violente des ONG." Dès novembre, le "service action" de Greenpeace a discrètement dépêché ses éclaireurs à Copenhague pour repérer les lieux et imaginer des mises en scènes spectaculaires autant qu'illégales : escalade de monuments, parade nautique sur les canaux de la ville."

Dans un ancien entrepôt portuaire de Halvandet, à dix minutes de hors-bord du centre de Copenhague, les préparatifs ont commencé. C'est ici que Greenpeace a établi sa base arrière. Ici que plus de 200 volontaires de quarante pays, sur les 500 mobilisés par l'organisation, vont dormir pendant deux semaines sur des lits de camp et fourbir leurs armes de campagne, pendant que cent stratèges, experts et chargés de communication de l'ONG arpenteront les couloirs du Bella Center.

Dans une ville où il est depuis longtemps devenu impossible de trouver une chambre d'hôtel - le gouvernement en a bloqué 9 000 depuis deux ans -, au point que 2 000 officiels devront chaque jour traverser l'Oresund, le détroit qui sépare le Danemark de la Suède, pour dormir à Malmö, la plupart des ONG ont pris d'assaut les auberges de jeunesse.

 

De leur côté, Les Amis de la Terre, qui affrètent un train spécial depuis Paris et Bruxelles pour les défilés du 12 décembre, ont dû louer gymnases et écoles pour faire dormir, à même le sol, pendant deux nuits, 2 000 militants. "Nous n'avons jamais été aussi nombreux et ça n'a jamais été aussi cher ! Cette conférence va peser sur les budgets", observe Morgane Creach, du Réseau action climat.

Pour le Danemark aussi, la facture est salée : près de 60 millions d'euros en dépenses logistiques, plus une enveloppe spéciale de 85 millions d'euros allouée à la police pour la sécurité. "C'est un investissement, analyse Svend Olling. Grâce à cette conférence, le nom de Copenhague symbolise désormais le développement durable, et, nous, nous créons un réseau incroyable. Or les technologies vertes sont notre secteur d'exportation le plus dynamique." Le symbole restera-t-il positif au soir du 18 décembre ? Réponse à partir de lundi.


Grégoire Allix
(photo reuters/scanpix denmark )

Partager cet article

Repost 0
Published by PS Clohars Carnoet - dans Actualités
commenter cet article

commentaires

  • : Section PS Clohars Carnoët - Le Pouldu - Doëlan
  • Section PS Clohars Carnoët - Le Pouldu - Doëlan
  • : Blog de la section du Parti Socialiste de Clohars-Carnoët qui traite de la vie locale et municipale comme de l'actualité nationale ou internationale.
  • Contact

Recherche