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14 septembre 2010 2 14 /09 /septembre /2010 22:41

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par Dominique Strauss Kahn mardi 14 septembre 2010

 

Oslo a été le théâtre cette semaine d'un événement qui a rassemblé de grands leaders gouvernementaux, des universitaires, des entreprises et des syndicats pour discuter du plus grand problème auquel doit faire face aujourd’hui le monde : la crise de l'emploi. 

Ces personnes ont parlé de ces 210 millions de chômeurs dans le monde, ce qui représente le plus haut niveau officiel de l’histoire. 

Elles ont parlé de l'impact humain que cause ce grand problème : perte persistante des gains, espérance de vie réduite, plus faible niveau de scolarité pour les enfants de chômeurs. 

Elles ont aussi parlé de ce que l’on appelle la "génération perdue", ces jeunes dont le taux de chômage est beaucoup plus élevé que pour les groupes plus âgés. 

Heureusement, elles ont aussi parlé de ce qu’il était possible de faire pour sauver cette génération. 

Naturellement, il y a eu beaucoup d'opinions différentes exprimées à Oslo. Je n'ai certainement pas la prétention de parler pour tout le monde, mais voici les principaux enseignements que j’en tire : 

Tout d'abord, nous ne pouvons pas dire que la crise financière est terminée tant que le chômage n’a pas réellement diminué. Nous avons besoin de croissance, mais nous avons surtout besoin d’une croissance créatrice d’emploi. Une économie en meilleure santé qui ne se traduit pas en création d’emplois ne signifie pas grand chose pour la plupart des gens. Soyons honnête, les gens ne verront aucune différence si la croissance se trouve supérieure à 1 point ou 2. Par contre, si le chômage se trouve à 5% au lieu de 10%, la différence sera fortement visible. Ce n'est pas seulement la douleur qui est imposée aux chomeurs, c’est aussi l’angoisse de tous ces employés qui ont peur de perdre leurs postes. Là, et avec les 30 millions de chomeurs supplémentaires depuis 2007, vous pouvez réellement commencer à avoir une idée précise de l’immense coût humain impliqué par cette crise. 

La création d’emplois, en s'appuyant sur le point précédent exposé, doit être une priorité. Nous devons utiliser tous les instruments politiques disponibles pour y parvenir. Cela comprend l'utilisation de politiques budgétaires et monétaires pour soutenir une reprise forte. Même si beaucoup d'économies avancées font face à la nécessité de stabiliser ou de réduire les niveaux élevés d'endettement public, il est essentiel que cela se fasse d'une manière qui ne porte aucune atteinte à la croissance et à l'emploi. Dans la même veine, la réforme du secteur financier doit viser à le transformer en soutien efficace de l'économie réelle. Par exemple, le secteur financier peut favoriser l'emploi en contribuant au financement des petites entreprises qui ont souffert de l'accès limité au crédit pendant la crise. Ce sont celles-ci qui peuvent créer le plus grand nombre d'emplois. 

Oslo a généré de bonnes idées. Certains gouvernements ont intensifié leurs services de placement et d'élargi les programmes du marché du travail visant à améliorer compétences et recherche d'emploi. D'autres ont mis en œuvre des politiques permettant aux entreprises de conserver leurs travailleurs, tout en réduisant leurs heures et les salaires répandant ainsi le fardeau de la récession de manière plus égale. Une autre étape est de prolonger les prestations de chômage. En effet, les aides ciblées sur des groupes, les chômeurs de longue durée et les jeunes par exemple, peut stimuler la création d'emplois. 

Enfin, la coopération est essentielle. Les actions politiques que de nombreux pays ont entrepris au cours de la crise par les délibérations du G-20 ont permis d'éviter que la récession devienne une dépression, ce qui aurait engendré encore plus d'emplois perdus. L’analyse effectuée par le FMI pour le G-20 démontre qu’une action coordonnée et appropriée au cours des cinq prochaines années pourrait augmenter le PIB mondial de 2,5%, créant ainsi des dizaines de millions d'emplois. Nous devrions profiter de la coopération accrue entre l'OIT et le FMI pour renforcer la coordination internationale dans son ensemble. 

Nous avons convenu que l'OIT et le FMI pourrait utilement travailler ensemble sur deux domaines : 

- Mettre l'accent sur les politiques qui favorisent cette croissance créatrice d'emplois. 

- Explorer le concept d’une réelle protection sociale pour soutenir les personnes qui vivent dans la pauvreté, et les groupes vulnérables. Ceci doit se faire dans un cadre macroéconomique durable. 

Nous avons tous besoin de penser différemment et de façon plus créative, que ce soit sur l’organisation des nouvelles forces économiques de l'après-crise mondiale, que ce soit sur une meilleure efficacité des politiques de retour à l'emploi, que ce soit sur la façon de développer un plus large éventail de programmes politiques pour fournir du travail à toutes les personnes qui le souhaitent. 

Dominique Strauss-Kahn 

(Saving the Lost Generation / http://blog-imfdirect.imf.org/2010/09/14/saving-the-lost-generation)

Photo : Jens Stoltenberg (Premier Ministre de la Norvège) et Dominique Strauss-Kahn (Directeur général du FMI)

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Published by PS Clohars Carnoet - dans Actualités
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Jérôme 15/09/2010 12:16


"Au sortir de la crise économique mondiale, il faut adopter un modèle de croissance limitant les émissions de carbone", a déclaré le Directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, au Forum
économique mondial de Davos.
Le FMI indique préparer un ensemble de propositions en vue de la création d'un «fonds vert» qui pourrait fournir les sommes énormes — elles pourraient atteindre 100 milliards de dollars par an —
dont les pays vont avoir besoin pour faire face aux enjeux du changement climatique.

à suivre...


Bernard Vignes 15/09/2010 08:29


Intéressant mais trop centré sur le retour de la croissance, quelque soit la nature de celle-ci.

La crise est aussi une crise écologique avec une consommation effrénée de ressources non renouvelables et une des solutions à la crise est la conversion écologique de l'économie, organisée au
niveau européen, elle même créatrice d'emploi.
Une croissance sélective


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